Au travail, il y a beaucoup de garçons. Des garçons français moyen surtout. Le cliché du type qui regarde des matchs de foot, la canette de bière à portée de main. Pas du garçon de Paris qui fait peur à Eric Zemmour parce qu'il s'est acheté une crème de jour.
Au travail, il y a aussi beaucoup de filles.
Au travail, il y a beaucoup de monde, parce que la Grande Entreprise est une Très Très Grande Entreprise.
Et j'ai mes collègues, qui sont toutes sympas. Et toutes jolies.Vous savez, ce qu'on appelle une jolie fille. Mince, joli visage, joli sourire...grosse tête grosse tête grosse tête.
J'expérimente au quotidien un monde où les garçons regardent les filles, où ils font des détours dans les couloirs pour venir leur faire la bise, où ils se mettent à la table à côté d'elles à la cantine, où ils les appellent pour régler tel ou tel problème à propos du formulaire A38. Ca pourrait ressembler au lycée mais j'étais pas populaire au lycée, j'étais pas dans le game.
Je le suis toujours pas.
C'est un monde où je suis assise à ma table de spectatrice, tellement dans le fond que la lumière des projecteurs n'aide personne à s'apercevoir de ma présence. Et quand bien même elle m'éclairerait un peu, je crois bien que ça ne changerait rien.
Je le suis toujours pas.
C'est un monde où je suis assise à ma table de spectatrice, tellement dans le fond que la lumière des projecteurs n'aide personne à s'apercevoir de ma présence. Et quand bien même elle m'éclairerait un peu, je crois bien que ça ne changerait rien.
J'ai bientôt trente ans, je suis assise à mon bureau et je suis en train de disserter sur le fait qu'aucun garçon ne s'est jamais vraiment ouvertement intéressé à moi sur le plan sentimental.
Quand je suis à une soirée, personne ne va demander mon numéro, mon adresse mail ou chercher à me revoir. Aucun mec ne propose jamais de me raccompagner chez moi, même en tout bien tout honneur parce qu'il est 2h du matin.
Je ne suis pas assez jolie pour ce genre d'histoires. C'est tout. Parfois j'essaye d'imaginer ce que serait ma vie avec un joli nez fin, des yeux ouverts, 20 kilos de moins, des seins qui rentrent dans du 90B sans coton, des mollets fin, une jolie peau... et tout ce qui fait que les filles sont jolies.
Je connais des filles qui électrisent, malgré elles, partout où elles passent. Des filles qui rencontrent quelqu'un et en parlent à leurs copines, que ce soit pour cause de papillons dans le ventre ou de coup d'un soir plutôt honnête. Je ne pourrais jamais faire ça. Je ne suis même pas du deuxième choix, je suis juste transparente.
Il y a quelques mois, je me suis inscrite sur Meetic, comme ça, pour voir à quoi ça ressemblait. Je suis tombée sur une liste extraordinaire de mecs avec des pseudos plus débiles les uns que les autres qui m'envoyaient des " Kikoo, ça va ?". Autant vous dire que je n'ai pas renouvelé la période d'essai.
Je devrais me battre, je devrais me bouger les fesses, mais après tout, j'irai faire un enfant avec une seringue dans un centre en Belgique quand j'aurai 35 ans et les gens pourront continuer à me plaindre derrière mon dos. Je devrais faire tout ça pour que Gareth soit fière de moi quand je dirais " Moi aussi on m'a aimé", mais je ne vois pas comment ça pourrait marcher.
De toutes façons, à la fin, j'épouserai le Prince Harry comme Fifi, et adieu les fins de mois difficiles.

Très joli article et très touchant.
RépondreSupprimerMais moi, je suis une fille et hétéro, et je t'ai trouvée très jolie et très intéressante. Alors ceux qui ne te voient pas ont besoin de lunettes et sinon, ils n'ont pas le cerveau qu'il te faut !
Et ton article me fait penser à cette chanson de François Morel : http://www.deezer.com/track/5497625
Mais encore une fois, ce n'est pas ton cas !! Y'a toujours des filles plus jolies, mais y'en a tellement de plus moches aussi, hein ! L.
Article qui me parle à un point...Embarrassant. Personne ne s'est jamais ouvertement / sérieusement intéressé à moi non plus, sentimentalement ou otherwise d'ailleurs. And I am 25 fucking years old. 20 kilos de moins feraient de moi une fille mince, mais pas une fille comme elles. Je ne minaude pas, je ne glousse pas en touchant le bras, je ne suis pas fragile ni mystérieuse ni évaporée, je ne suis même pas vraiment compliquée ^^
RépondreSupprimerCe que je suis, en revanche, c'est exigeante. Pas sur des standards physiques ni sur le net imposable, mais sur l'intensité des butterflies :) j'ai aussi une fâcheuse tendance à me faire friendzoner, voire bestfriendzoner, probablement pour toutes les raisons citées plus haut, et puis parce que bon, je suis cool quand même :p
Et ça c'est un peu dramatique, ce n'est pas Fiona et Charles qui nous contrediront hein ^^
Bref, say le bordel, mais je suis une incorrigible optimiste. Pendant qu'autour de moi ça adopte et ça matche à tour de bras, j'apprends sur moi-même et sur ce que j'attends, et je l'attends. J'essaie de dire oui plus souvent, oui à une sortie entre collègues, oui à une cuite déraisonnable le jeudi soir, oui à des interactions sociales avec d'autres que ma garde rapprochée que j'aime pourtant d'un amour indéfectible. Et cette fucking roue va tourner :)
Hugs <3
Laure
"(...) mais pas une fille comme elles. Je ne minaude pas, je ne glousse pas en touchant le bras, je ne suis pas fragile ni mystérieuse ni évaporée, je ne suis même pas vraiment compliquée ^^."
SupprimerSi tu justifies ton expérience par les clichés que tu colles sur celles des autres, c'est mal barré.
Désolée que ça t'offense, ça se base sur une observation sociologique peut-être rapide mais prolongée. Ce sont des clichés, mais quand on observe de l'extérieur, c'est ce qu'on voit. Et je n'ai rien à justifier, je ne me plains pas non plus, chacun son style !
SupprimerÇa ne m'offense pas, je trouve ça triste et réducteur et bien entendu faux. C'est ton extérieur, et c'est ton expérience, et c'est le problème, dans ton assertion. C'est dommage de raisonner par clichés tous plus tristes les uns que les autres, surtout pour étayer l'étude de l'altérité. Personne n'a jamais justifié une observation sociologique sérieuse à l'aune de sa propre expérience. Tu noteras que contrairement à ce que tu dis, je ne te demande pas de te justifier, je te contredis.
SupprimerJe n'avais pas la prétention d'écrire une thèse sur l'étude de l'altérité ! Comme tu le dis, je partage mon expérience. Et je sais bien que c'est réducteur, je n'ai pas cherché à connaître chaque fille décrite ci-dessus pour dévoiler sa nature profonde, même si je sais qu'elle existe au-delà de la caricature que j'en dessine. Moi-même je suis sans doute réductible à une poignée de clichés pour quiconque ne me connaît pas. C'est comme ça :) on est ici sur un blog, je pensais pouvoir partager en toute légèreteté sans avoir à bétonner chaque affirmation grâce à une omniscience que je ne prétends pas posséder. Tant pis pour moi !
Supprimerça me parle tellement... Je ne peux que compatir et comprendre <3
RépondreSupprimerQuand je suis arrivée dans la ville où j'habite actuellement, je ne connaissais personne. J'ai eu la chance de rencontrer 8 personnes célibataires comme moi (4 filles/4 garçons). La première année a été géniale : on apprenait à se connaître, on sortait beaucoup, bref, le temps de la passion ^^ . Même si du temps où on était tous célibataires : on ne me voyait avec personne. Et cela s'est vérifié. Au fur et à mesure les 4 couples se sont formés. Je suis restée totalement spectatrice de ce retournement de situation. Aujourd'hui, je suis la seule célibataire et même si je connais bien les 4 garçons et même si je sais qu'avec aucun, ça n'aurait marché, eh bien... ça me rend triste. ça me rend encore plus triste quand je commence à me comparer. Et paradoxalement, je suis devenue très fermée à la rencontre. C'est malheureux à dire mais tout ceci, en partie, m'a donné envie de partir ailleurs.
Je rencontre peu de mecs qui me plaisent bien au premier abord, j'ai besoin de connaître les garçons au moins qq jours pour en savoir plus. Ces derniers temps, ceux qui m'ont plu étaient très maqués... Et je fais pas le poids. Et sinon en général, et depuis assez longtemps déjà, les garçons autour de moi en pincent pour mes amies. Je ne fais rien de mal, je sors, je parle, je suis pas sauvage et souvent de bonne humeur, je suis pas
SupprimerChieuse... Mais il me manque un truc ou deux. Pas pour être la bombasse de la salle, mais éveiller ne serait-ce qu'une once d'intérêt, et ce n'est pas nouveau. J'étais la copine insignifiante des autres filles déjà au collège
SupprimerCa sonne comme du réchauffé, mais au-delà du physique, de l’habit qui fait le moine, c’est la tête. La tienne plus précisément.
RépondreSupprimerJe reconnais qu’être persuadée qu’on est une bombasse quand tous les miroirs s’obstinent à clamer le contraire est difficile à admettre, mais l’image que l’on a de soi fait partie de celle qu’on renvoie.
Je suis à 60 ans très exactement des canons de beauté actuels et il m’a fallu près de 40 ans pour en prendre mon parti. Une fois l’évidence admise, j’ai oublié tout les attributs réservées à ces fameuses jolies filles, les minces, celles aux cheveux lisses et qui ne font pas du 44.
Je me sens mieux dans ma tête, dans mon corps et d’autres miroirs que les glaces de mon appartement se sont mis à me renvoyer une belle image.
Tout ça pour dire que ressembler aux autres ça ne fonctionne que pour les autres et qu’il y a forcément quelqu’un pour toi, pas là où tu cherches aujourd’hui, mais pas forcément au bout du monde non plus.
Chère Camille,
RépondreSupprimerSi j'avais envie de commenter, je le ferais avec mon pseudo, pas de façon anonyme. Je ne suis donc pas à l'origine des commentaires précédents (d'autant que je viens juste d'apprendre l'existence de ce blog...).
Je ne t'apprécie pas, c'est un fait. Et ta façon d’asséner de pseudo-vérités diffamatoires sur twitter n'arrange rien. Ceci étant dit, et malgré ce que tu as l'air de croire, j'ai autre chose à faire de ma vie que de te troller ou de déblatérer sur ton compte sur twitter.
Sur ce, bonne continuation.
Titania.